Par: Compilation of articles from ECHO Development Notes (Issues 70 [Berkelaar 2001], 102 [Haden 2009] and 120 [Berkelaar 2013]) and ECHO Asia Notes (Issues 2 [Burnette 2009] and 21 [Thansrithong; Uprety 2014])
Publié: 21/09/2015


SRI image 1Le Système de Riziculture Intensive (SRI) est une méthode de culture du riz qui produit des rendements nettement plus élevés avec la plantation de beaucoup moins de semis et l’utilisation de moins d’intrants que les méthodes traditionnelles (c’est-à-dire d’inondation) ou les méthodes plus « modernes » (utilisant des engrais minéraux ou agrochimiques). Cette approche implique l’utilisation de diverses pratiques de gestion des plantes, du sol, de l’eau et des éléments nutritifs. Le SRI a été utilisé avec succès dans un certain nombre de pays et a été largement promu par le Dr Norman Uphoff avec l’Université de Cornel.

Qu’est-ce que le SRI ?

Le SRI implique l’utilisation d’une combinaison de pratiques de gestion qui optimisent les conditions de croissance des plants de riz, en particulier dans la zone racinaire. Il a été développé à Madagascar au début des années 1980 par le père Henri de Laulanie, un prêtre jésuite qui a passé plus de 30 ans à travailler avec les agriculteurs dans ce pays. En 1990, l’Association Tefy Saina (ATS) a été formé en tant qu’ONG malgache afin de promouvoir le SRI. Quatre ans plus tard, l’Institut international Cornell pour l’Alimentation, l’Agriculture et le Développement (en anglais CIIFAD), a commencé à coopérer avec Tefy Saina pour introduire le SRI autour du Parc National de Ranomafana dans l’est de Madagascar, soutenu par l’Agence Américaine pour le Développement International. Il a depuis été testé en Chine, en Inde, en Indonésie, aux Philippines, au Sri Lanka et au Bangladesh avec des résultats positifs.

Les résultats obtenus avec les méthodes du SRI sont remarquables (voir le tableau 1 et les pensées de Ryan Haden, au dessous, pour la perspective ajoutée sur les rendements). A Madagascar, sur certains des sols les plus pauvres que l’on trouve et où les rendements étaient généralement de 2 t / ha, les agriculteurs utilisant le SRI obtiennent maintenant en moyenne plus de 8 t / ha, avec certains obtenant 10-15 t / ha. Quelques agriculteurs ont même obtenu plus de 20 t / ha. Dans d’autres parties du pays, sur une période de cinq ans, des centaines d’agriculteurs ont récolté en moyenne de 8-9 t / ha.

  Méthodes Traditionnelles Méthodes SRI
  Average Range Average Range
Touffe / m2 56 42-65 16 10-25
Plants / touffe 3 2-5 1 1
Talles / touffe 8,6 8-9 55 44-74
Panicules / touffe 7,8 7-8 32 23-49
Grains / panicule 114 101-130 181 166-212
Grains / touffe 824 707-992 5.858 3.956-10.388
Rendements (t / ha) 2,0 1,0-3,0 7,6 6,5-8,8
Force racinaire (kg) 28 25-32 53 43-69
Tableau 1: La croissance et le rendement du riz avec le SRI en comparaison aux méthodes traditionnelles. Les données pour les méthodes traditionnelles ont été calculées à partir de mesures sur cinq champs adjacents. Les données pour les méthodes SRI sont des moyennes et des fourchettes de 22 parcelles expérimentales. Les données sont tirées d’un mémoire de Master par Joelibarison, 1998.

Avec la plupart, sinon toutes, des variétés cultivées en utilisant le SRI, les rendements de riz ont au moins doublé. Il n’y a pas d’intrants extérieurs nécessaires pour un agriculteur pour en bénéficier. Les méthodes devraient marcher avec toutes les semences utilisées. Cependant, il est nécessaire d’avoir un esprit ouvert sur de nouvelles méthodes et une volonté d’expérimenter. Avec le SRI, les plantes sont traitées comme des organismes vivants qu’elles sont, et non comme des machines à manipuler. Le potentiel de rendement des plants de riz est maximisé en assurant des conditions de croissance optimale.

Dans un premier temps, les pratiques du SRI semblent quelque peu contraires à l’intuition, elles remettent en question les hypothèses et les pratiques qui ont été mises en place depuis des centaines, voire des milliers d’années. La plupart des agriculteurs plantent de jeunes plants de riz assez matures (de 20-30 jours) en des touffes assez serrées avec de l’eau stagnante maintenue sur le champ autant que possible durant la grande partie de la saison. Pourquoi ? Ces pratiques semblent réduire le risque de mauvaises récoltes. Il semble logique que les plants plus matures devraient mieux survivre, que la plantation en massifs permettra que certaines plantes survivent au repiquage ; que la plantation de plus de semis devrait se traduire par un rendement plus élevé, et que la plantation dans les eaux stagnantes signifie que les plantes ne manqueront jamais d’eau et que les mauvaises herbes auront peu de chances de se développer.

Malgré ce raisonnement, les agriculteurs n’ont rien trouvé dans l’utilisation des pratiques du SRI qui mette leurs récoltes en plus de risques que les méthodes traditionnelles. Quatre « nouvelles » pratiques, en particulier, jouent un rôle clé dans le SRI :

SRI Tech Note Figure 1 Figure 1: Avec le SRI, les jeunes plants sont plantés quand ils sont âgés de 8-15 jours, quand il y a seulement deux feuilles. Les plantes à gauche sont âgées de 8 jours. Avec les méthodes traditionnelles, les jeunes plants sont plantés quand ils sont âgés de plusieurs semaines. Les semis à droite sont vieux de 31 jours. Photos par Joshua Harber.

 

  1. Les plants sont repiqués tôt. Les plants de riz sont repiqués lorsque seules les deux premières feuilles sont apparues à partir de la talle initiale ou de la tige, généralement quand ils ont entre 8 et 15 jours (Figure 1). Les semis doivent être cultivés dans une pépinière dans laquelle le sol est maintenu humide mais non inondé. Lors du repiquage des plants, retirez-les de la pépinière avec une truelle, et les garder humides. Ne les laissez pas sécher. Le sac de semences (les restes de la graine germée) doit être maintenu attaché à la racine infantile, car elle est une source d’énergie importante pour la jeune plantule. Les plants devraient être repiqués dès que possible après avoir été retirés de la pépinière dans la demi-heure suivante et de préférence dans les 15 minutes. Lorsque vous placez les semis dans le champ, mettre soigneusement sur le côté les racines dans le sol avec un mouvement horizontal, de sorte que l’extrémité de la racine ne pointe pas par inadvertance vers le haut (ce qui arrive lorsque les plantules sont plongés directement vers le bas dans le sol). L’extrémité de la racine doit être en mesure de se développer vers le bas. Un repiquage soigneux des jeunes plants quand ils sont très jeunes réduit les chocs et augmente la capacité des plantes à produire de nombreuses talles et des racines pendant leur phase de croissance végétative. Les grains de riz sont finalement produits sur les panicules (c’est-à-dire, les « épis » au-dessus de la tige, produits par des talles fertiles). Plus de talles entraînent plus de panicules, et avec des méthodes SRI, plus de céréales sont produites sur chaque panicule.
     
  2. Les jeunes plants sont plantés séparément plutôt qu’en touffes. Cela signifie que les plantes individuelles ont de l’espace pour se propager et pour faire descendre les racines. Elles ne sont pas beaucoup en concurrence avec d’autres plants de riz pour l’espace, la lumière, ou pour les éléments nutritifs dans le sol. Les systèmes racinaires deviennent tout à fait différents lorsque les plantes sont présentées séparément, et quand la prochaine pratique est suivie :
     
  3. Large espacement. Les plants sont plantés dans un motif carré avec beaucoup d’espace entre eux dans toutes les directions plutôt qu’en rangs serrés. Habituellement, ils sont espacés d’au moins 25 x 25 cm (Figure 2). N’hésitez pas à expérimenter parce que l’espacement optimal (produisant le plus grand nombre de talles fertiles par mètre carré) dépend de la structure du sol, la fertilité du sol, la température, l’humidité et d’autres conditions. La règle générale est que les plantes doivent avoir beaucoup d’espace pour croître. Si vous utilisez également les autres pratiques évoquées ici, le meilleur espacement sera rarement plus proche de 20 x 20 cm. Les rendements maximum ont été obtenus dans la bonne terre avec un espacement de 50 x 50 cm, et seulement quatre plantes par mètre carré.

    Pour espacer soigneusement les plantes (ce qui rend le désherbage plus facile), vous pouvez placer des bâtons à des intervalles appropriés (par exemple, tous les 25 cm) sur le bord du champ, puis tendre des ficelles entre eux. Les ficelles doivent être marquées avec les mêmes intervalles de sorte que vous puissiez planter dans un motif carré. Le fait de laisser de larges espaces entre chaque plante assure que les racines aient suffisamment d’espace pour croître, et les plantes seront exposées à plus de lumière, à l’air et aux éléments nutritifs. Il en résulte une augmentation de la croissance des racines (et donc une meilleure absorption des éléments nutritifs) et du tallage. Le quadrillage facilite également le désherbage.
    SRI Tech Note figure 2 Figure 2. Les semis du SRI (schéma de gauche) sont très largement espacés par rapport à ceux plantés avec les méthodes traditionnelles (à droite). Ces diagrammes montrent les semis à environ un mois d’âge, quand ils sont à peu près de la même taille. Cependant, les semis du SRI, ayant été repiqués quelques semaines plus tôt, à cette période avaient déjà subi le choc du repiquage et avaient peut-être commencé le tallage. Croquis par Christi Sobel.

    Lorsque les agriculteurs sont plus expérimentés, ils peuvent gagner du temps en marquant les lignes hachurées sur la surface du terrain avec des râteaux ou d’autres dispositifs. Notez que le SRI utilise un taux de semis beaucoup plus faible que les méthodes traditionnelles. Une évaluation du SRI a révélé que le taux d’application des semences était seulement de 7 kg / ha comparativement à la densité des semis traditionnels de 107 kg / ha —cependant les rendements ont doublé en raison du fait que chaque plante a produit beaucoup plus de grains !
     
  4. Conditions de sol humide mais non inondé. Le riz est traditionnellement cultivé immergé dans l’eau. Il est clair que le riz est capable de tolérer l’eau stagnante ; toutefois l’eau stagnante crée des conditions de sol hypoxiques (manque d’oxygène) pour les racines et ne semble guère être idéal. Il a été démontré que les racines du riz se dégénèrent en conditions d’inondation, causant la perte des 3/4 de leurs racines au moment où les plantes atteignent le stade de la floraison. Ce dépérissement en conditions d’inondation a été appelé « sénescence » , ce qui sous-entend qu’il s’agit d’un processus naturel. En réalité, il représente l’étouffement, qui empêche le fonctionnement et la croissance de la plante. Avec le SRI, les agriculteurs utilisent moins de la moitié de l’eau qu’ils utiliseraient s’ils gardaient leurs rizières inondées en permanence. Le sol est maintenu humide mais pas saturé pendant la période de croissance végétative, veillant à ce que plus d’oxygène soit disponible pour les racines. De temps en temps (peut-être une fois par semaine), le sol doit être laissé à sécher au point de craquer. Cela va permettre à l’oxygène d’entrer dans le sol et induira également les racines à croître et à « rechercher » de l’eau. Après tout, quand le sol est inondé, les racines n’ont pas besoin de croître et de s’étendre, et elles manquent suffisamment d’oxygène pour croître vigoureusement.

    Les conditions de non-inondation, combinées avec le désherbage mécanique, permettent une plus grande disponibilité de l’air dans le sol, et une plus grande croissance de la racine signifie que le reste de la plante aura accès à davantage d’éléments nutritifs. Lorsque le sol est saturé, des poches d’air (connues sous le nom d’aérenchymes) se forment dans les racines des plantes immergées afin de transporter l’oxygène. Ces poches d’air absorbent 30 % à 40 % du cortex de la racine et probablement entravent le transport des éléments nutritifs par les racines pour le reste de la plante. Plus d’eau peut être appliquée avant le désherbage pour rendre le processus de désherbage plus facile. Sinon il est préférable que l’eau soit appliquée le soir (s’il n’a pas plu pendant la journée), et toute l’eau restante sur la surface est drainée dans la matinée. Cela laisse le champ libre à l’air et à la chaleur pendant la journée et les champs inondés refléteront une bonne partie du rayonnement solaire qui les atteindra, et absorberont moins la chaleur qui aide les plantes à croître. Avec le SRI, les conditions de non inondation sont maintenues uniquement pendant la période de croissance végétative. Plus tard, après la floraison, 1-3 cm d’eau sont retenus sur le terrain, comme on le fait avec les pratiques traditionnelles. Le champ est vidé complètement 25 jours avant la récolte.
     

    En plus de ces quatre pratiques principales, deux autres pratiques sont extrêmement bénéfiques lorsque vous utilisez le SRI. Ces pratiques ne sont pas controversées et ont longtemps été reconnues comme précieuses pour les cultures.

    SRI Tech Note figure 3Figure 3. Un exemple d’une sarcleuse mécanique à roues dentées à rotation verticale, souvent utilisée avec le SRI. Des plans sont disponibles à ECHO pour cette sarcleuse et pour une plus grande avec cinq roues. Croquis des sarcleuses par Paya deMarken, Volontaire du Corps de la Paix à Madagascar.
  5. Le désherbage. Cela peut être fait à la main ou avec un outil mécanique simple (Figure 3). Les agriculteurs de Madagascar trouvent qu’il est avantageux, tant en termes de réduction de la main-d’œuvre que de l’accroissement du rendement, d’utiliser une sarcleuse mécanique à main développée par l’Institut international de recherche sur le riz dans les années 1960. Elle possède des roues dentées à rotation verticale qui agitent le sol au moment où l’étrille est poussée vers le bas et à travers les allées formées par le motif carré de plantation. Le désherbage requiert une main-d’œuvre intense— le désherbage d’un hectare pourrait prendre jusqu’à 25 jours de travail— mais l’augmentation des rendements signifie que le travail sera plus que rentable.

    Le premier désherbage doit être effectué 10 à 12 jours après le repiquage, et le deuxième désherbage doit se faire dans les 14 jours. Au moins deux ou trois sarclages sont recommandés, mais un ou deux autres supplémentaires peut augmenter de manière significative le rendement en ajoutant 1-2 t / ha. Probablement plus important que l’enlèvement des mauvaises herbes, cette pratique de barattage du sol semble améliorer sa structure et augmenter l’aération du sol.
     
  6. Les intrants organiques. Le SRI a été initialement développé avec l’utilisation d’engrais chimiques pour accroître les rendements sur les sols très pauvres de Madagascar. Mais lorsque les subventions ont été supprimées à la fin des années 1980, il a été recommandé d’utiliser du compost, et même de meilleurs résultats ont été observés. Le compost peut être fait à base de n’importe quelle biomasse (par exemple, la paille de riz, les résidus végétaux ou d’autres matières végétales), avec un peu de fumier ajouté si disponible. Les feuilles de bananier ont un apport en potassium. Les boutures des légumineuses arbustives ont un apport en azote. D’autres plantes, comme le Tithonia diversifolia et l’Afromomum angustifolium, peuvent être riches en phosphore. Le compost apporte lentement des éléments nutritifs dans le sol et peut également contribuer à une meilleure structure du sol. Il semble assez intuitif qu’une certaine forme d’apports en éléments nutritifs est nécessaire sur les sols pauvres si l’engrais chimique n’est pas ajouté. Avec d’énormes quantités de riz récoltées, les éléments nutritifs doivent être retournés au sol !

Comment fonctionne le SRI ?

Le concept de synergie semble aider à expliquer comment le SRI fonctionne si bien. Dans ce contexte, la synergie signifie que les pratiques utilisées dans le SRI interagissent de manière positive et renforcée pour que l’ensemble soit plus que la somme de ses parties. Chacune des pratiques de gestion utilisées dans le SRI fait une différence positive dans le rendement, mais le potentiel réel du SRI n’est vu que lorsque les pratiques sont utilisées ensemble.

Lorsqu’elles sont utilisées ensemble, les pratiques du SRI résultent en une structure de la plante de riz différente de ce qui résulte lorsque l’on suit les méthodes traditionnelles. Les plants de riz sous le SRI ont beaucoup plus de talles, un plus grand développement des racines, et plus de grains par panicule. Pour taller, les plantes ont besoin d’avoir une croissance racinaire suffisante pour supporter une nouvelle croissance au-dessus du sol. Mais les racines ont besoin d’un certain sol, d’eau, d’éléments nutritifs, de la température et des conditions d’espace pour la croissance. Les racines ont besoin aussi de l’énergie de la photosynthèse qui se produit dans les talles et les feuilles au-dessus du sol. Ainsi, les racines et les pousses dépendent les unes des autres. En outre, lorsque les conditions de croissance sont optimisées, il existe une relation positive entre le nombre de talles par plante, le nombre de talles qui deviennent fertiles (panicules), et le nombre de grains par talle.

Les champs de SRI ont l’air lamentable pendant un mois ou plus après le repiquage car les plantes sont si minces, petites et très espacées. Dans le premier mois, les plantes se préparent à taller. Pendant le deuxième mois, le tallage prolifique commence. Au troisième mois, le terrain semble « exploser » avec la croissance rapide des talles. Pour comprendre pourquoi, il faut comprendre le concept des phyllochrons, un concept qui s’applique aux membres de la famille des graminées, y compris les céréales comme le riz, le blé et l’orge.

Un phyllochron est le laps de temps entre l’émergence d’un phytomer (un ensemble de talles, de feuilles et de racines qui se dégage de la base de la plante) et l’émergence du suivant (tableau 2). La longueur des phyllochrons est déterminée notamment par la température, mais elle est également affectée par des choses comme la durée du jour, l’humidité, la qualité du sol, l’exposition à la lumière et à l’air, et la disponibilité des éléments nutritifs.

Si les conditions sont bonnes, les phyllochrons au niveau du riz durent de 5-7 jours, même s’ils peuvent être plus courts à des températures plus élevées. Dans de très bonnes conditions, la phase de croissance végétative de la plante de riz peut durer aussi longtemps que 12 phyllochrons avant que la plante n’entame l’initiation paniculaire et ne commence sa phase de reproduction. Cela est possible lorsque le taux de croissance biologique est accéléré, de sorte que de nombreux intervalles de croissance sont terminés avant l’initiation paniculaire.

  Phyllochrons
  1er 10è 11è 12è
Nouvelles Talles 1 0 0 1 1 2 3 5 8 12 20 31
Total des Talles 1 1 1 2 3 5 8 13 21 33 53 84
Table 2: L’augmentation du nombre de talles qui peuvent être produites par la plante du riz dans des phyllochrons successifs (de De Laulanie 1993). Les premières et les dernières talles renvoient plus de talles, qui renvoient encore plus de talles. A la fin de la série, la croissance de la plante devient exponentielle plutôt que d’être additive.

En revanche, dans de mauvaises conditions, les phyllochrons durent plus longtemps, et peu d’entre eux seront achevés avant la phase de floraison. Voici le point le plus important : seules quelques talles sortent durant les premiers phyllochrons (et pas du tout au cours des deuxième et troisième phyllochrons), mais au cours de chaque phyllochron successif après le troisième, chaque talle déjà croissante fait sortir une nouvelle talle à partir de sa base (avec un temps de latence d’un phyllochron avant que ce processus ne démarre) (Tableau 2.2). Pendant la dernière partie de la période de croissance végétative, avec des conditions de croissance idéales, la production de talles par la plante devient exponentielle plutôt qu’additive. (Elle correspond à ce qui est connu comme la série de Fibonacci en biologie.) Au lieu qu’un « délai maximal » de production de talles soit atteint un certain temps avant l’initiation paniculaire (IP), comme c’est le cas avec les pratiques de culture standard, avec le SRI, l’IP et la production maximale de talles coïncident.

C’est pourquoi il est préférable de repiquer les semis au cours du deuxième ou troisième phyllochron, afin de ne pas perturber la croissance rapide qui commence au cours du quatrième phyllochron. Les racines des semis sont traumatisées lorsqu’elles sont exposées au soleil et se dessèchent, quand elles sont plongées dans un environnement sans air, et quand les racines nourricières, sorties de la première racine, sont perdues ou endommagées pendant le repiquage tardif. Ce traumatisme ralentit leur croissance ultérieure, et les phyllochrons qui sont achevés avant l’IP ne sont pas aussi nombreux. De nombreuses méthodes de repiquage mettent la croissance des plantes en retard d’une ou de deux semaines et ralentissent également leur croissance ultérieure. Pour un tallage maximal, les plantes ont besoin de compléter autant de phyllochrons que possible pendant leur phase végétative. Si les plants sont âgés de trois ou quatre semaines lorsqu’ils sont repiqués, les phyllochrons les plus importants (tardifs) ne seront jamais atteints au moment où la croissance de la talle sera multipliée.

Contrairement à l’attente populaire, plus de tallage ne signifie pas moins de formation de panicules ou de remplissage du grain. Avec le SRI, il n’y a pas une corrélation négative entre le nombre de talles produites et le nombre de grains produits par chaque talle fertile. Toutes les composantes du rendement – le tallage, la formation de la panicule, et le remplissage du grain peuvent augmenter dans des conditions de croissance favorables.

Cela semble trop beau pour être vrai. Quel est l’attrape ?

Le SRI demande plus de travail par hectare que les méthodes traditionnelles de culture du riz. Lorsque les agriculteurs ne sont pas habitués au repiquage des semis minuscules avec un espacement et une profondeur de plantation assez exact, cette opération peut prendre au début deux fois le temps nécessaire. Cependant, une fois que les agriculteurs sont habitués et habiles avec la technique, le repiquage prend moins de temps, car il y a moins de plants à repiquer.

Avec le SRI, plus de temps est consacré à l’application de l’eau avec précaution, que lorsque les champs sont conservés inondés tout le temps. Cela signifie que les champs doivent d’abord être construits avec des systèmes d’irrigation appropriés qui permettent à l’eau d’être « mise sur » et « retirée du » terrain à des intervalles réguliers. La plupart des champs de riz ne sont pas mises en place de cette manière (c’est à dire qu’ils ont été conçus pour retenir la quantité maximale d’eau), de sorte que certaines reconstructions de champs peuvent être nécessaires avant de lancer les systèmes de production du SRI.

Le désherbage prend plus de temps s’il n’y a pas d’eau stagnante. Toutefois, les rendements peuvent être augmentés de plusieurs fois en raison de l’augmentation de l’aération du sol, qui résulte du désherbage avec la houe de rotation à main. La récolte supplémentaire sera plus que rentable pour la dépense supplémentaire de désherbage.

Dans un premier temps, le SRI peut prendre 50 à 100 % plus de travail (et de main-d’œuvre plus qualifiée et plus exigeante), mais au fil du temps ce montant est réduit. Les agriculteurs expérimentés du SRI disent qu’il peut même nécessiter moins de travail une fois que les techniques sont maîtrisées et la confiance acquise. Puisque les rendements peuvent être de deux, trois et même quatre fois plus que les pratiques actuelles, les rendements à la fois au travail et à la terre sont beaucoup plus élevés, ce qui justifie le plus grand investissement.

Certains agriculteurs sont sceptiques quant aux avantages du SRI. Il donne l’impression d’être un phénomène magique dans un premier temps, mais il y a de bonnes raisons scientifiques pour expliquer chaque partie du processus. Il faut encourager ces agriculteurs à essayer les méthodes dans une petite zone, pour s’assurer des avantages et commencer à acquérir des compétences sur une petite échelle.

La plantation et le désherbage sont au début l’aspect du SRI qui demande le travail le plus intense. Beaucoup de familles sont contraintes par la quantité de travail disponible, que ce soit au sein du ménage ou par embauche. Si quelqu’un n’a pas assez de main-d’œuvre disponible pour planter et s’occuper de tous les champs de riz à l’aide du SRI, il ou elle peut cultiver juste une partie de la terre avec du riz en utilisant les méthodes du SRI, obtenant des rendements plus élevés à la fois pour le travail et pour la terre. Puis d’autres cultures peuvent être plantées sur le reste de la terre dans les moments où la main-d’œuvre est disponible.

Le SRI est-il durable ? Comment pouvez-vous obtenir des rendements aussi élevés ?

Les scientifiques ne sont pas certains, et beaucoup sont très sceptiques, sur la façon dont ces rendements élevés peuvent être obtenus sur un sol aussi pauvre que celui trouvé à Madagascar. Heureusement, on a découvert que les méthodes du SRI sont à la base de beaucoup de rendements améliorés dans d’autres pays (Chine, Inde, Indonésie, Philippines, Sri Lanka et Bangladesh). Donc nous savons que ce n’est pas une méthode qui a un succès limité à un seul pays.

Une recherche systématique menée par des scientifiques des plantes et du sol est en cours. Voici quelques explications proposées, pour lesquelles il y a un certain fondement dans la littérature scientifique :

  • La fixation biologique de l’azote (BNF). Des bactéries libres et d’autres microbes autour des racines du riz peuvent fixer l’azote pour les plantes. La présence de ces bactéries a été établie pour la canne à sucre, qui est de la famille des graminées avec le riz. Là où l’engrais azoté n’avait pas été appliqué (puisque cela supprime la production de l’enzyme nitrogénase requis pour la BNF), l’action microbienne fixait 150-200 kg d’azote par hectare pour la canne. Cependant, moins de fixation d’azote se produit lorsque les engrais chimiques ont précédemment été appliqués. On sait qu’environ 80 % des bactéries dans et autour des racines de riz ont la capacité de fixer l’azote, mais ce potentiel ne sera pas réalisé là où l’azote inorganique a été appliqué, ou probablement dans les sols anaérobies et gorgés d’eau.
  • D’autres recherches suggèrent que les plantes peuvent croître très bien avec de très faibles concentrations de substances nutritives, aussi longtemps que ces substances nutritives sont fournies de manière uniforme et cohérente dans le temps. Nous savons que le compost fournit un approvisionnement faible et stable d’éléments nutritifs.
  • Les plantes possédant une vaste croissance racinaire ont un meilleur accès à tout ce qui est substance nutritive dans le sol. Une croissance racinaire étendue peut se produire lorsque les racines des jeunes semis ont beaucoup d’espace et d’oxygène, et lorsque l’eau et les éléments nutritifs sont assez rares au point que les racines doivent « aller en chercher » . Ces racines étendues peuvent être en mesure d’extraire des éléments nutritifs plus équilibrées du sol, y compris certains micronutriments rares mais nécessaires.

Les sceptiques ont fait remarquer que le SRI peut nécessiter une main-d’œuvre intense et qu’il exige une gestion soigneuse de l’eau. Toutefois, des travaux pour démontrer les avantages du SRI se sont poursuivis. Dans le numéro de juillet/septembre 2001 sur la Technologie Appropriée (Volume 28, n ° 3), Norman Uphoff décrivit une expérience menée à Madagascar par Jean de Dieu Rajaonarison et son conseiller, le professeur Robert Randiamiharisoa, à la Faculté de l’Agriculture (ESSA) de l’Université d’Antananarivo. Deux variétés de riz— une variété à haut rendement et une variété traditionnelle locale— ont été comparées. Toutes deux montraient les mêmes schémas de réponse. Uphoff a écrit :

Les pratiques du SRI comparées aux méthodes conventionnelles sont : l’âge de repiquage (8 jours contre 16 jours), le nombre de plants par butte (1 contre 3), la gestion de l’eau (sol aéré par rapport à sols inondés) et la fertilisation— du compost par opposition au NPK (16 - 22-11) par opposition à aucune fertilisation.

La variété à haut rendement a produit 2,4 fois plus de riz avec les pratiques du SRI par rapport aux méthodes conventionnelles. La variété locale a donné 2,8 fois plus. Ces résultats peuvent être analysés de plusieurs manières pour savoir à quel degré chaque pratique a contribué aux différences de rendement, toutes choses étant égales, sous ces conditions particulières de sols, de climats et autres.

Pour ces conditions particulières de variétés et de croissance, la plantation de jeunes plants a contribué le plus à la donne —un supplément de 1,35t / ha. Une gestion judicieuse de l’eau, en utilisant un minimum d’eau et en gardant le sol bien drainé et aéré, a été le deuxième facteur important qui a ajouté 0,85t / ha. Le repiquage des plantules une par une a ajouté 0,46 t / ha. L’utilisation du compost a augmenté le rendement de 0,27 t / ha sur ce qu’on obtenait en moyenne en utilisant l’engrais NPK.

Cela représente un total de près de 3 t / ha d’augmentation du rendement, mais lorsqu’on a utilisé les quatre pratiques ensemble, les rendements ont augmenté de 4 t / ha. Cela montre ... une interaction ou un effet synergique de plus de 1 t / ha. Il est donc dans l’intérêt de l’agriculteur d’utiliser toutes les pratiques du SRI au lieu de choisir.

Il reste encore beaucoup à étudier et à apprendre sur le SRI, mais les scientifiques commencent à s’y intéresser au fur et à mesure que les rapports de rendements supérieurs se multiplient. Le SRI doit être considéré pas comme une technologie à appliquer de façon mécanique, mais plutôt comme une méthode devant être testée et adaptée aux conditions des agriculteurs. Les agriculteurs ont besoin d’être de bons observateurs et de bons apprenants pour faire le meilleur usage des connaissances que le SRI fournit.

Les réponses du Dr Norman Uphoff aux questions concernant le SRI

M. J. B. Hoover de la Asian Rural Institute (Institut Rural Asiatique) au Japon nous a écrit avec quelques questions sur le SRI. Pour répondre à ses questions, nous avons contacté Norman Uphoff de l’Université Cornell. Son collègue Erick Fernandez (qui a fait beaucoup de travail à Madagascar, où le SRI a été développé) a également réagi. Voici les questions et leurs réponses :

Question 1 : Est-ce que le SRI été essayé dans les climats de mousson tempérée comme le Japon ? Si oui, y a-t-il de la documentation ?

UPHOFF: Je n’ai connaissance d’aucune application de l’ensemble des pratiques du SRI dans les climats de mousson tempérée, mais puisque le SRI n’est pas une technologie mais un ensemble de principes qui doivent être adaptées aux conditions locales, il n’y a aucune raison qu’il ne marche pas dans ces circonstances. De ce que nous savons de Madagascar, les rendements sont plus élevés à des altitudes plus élevées avec des climats plus froids. Le problème avec un climat de mousson pourrait être qu’il est difficile de garder le sol bien drainé, au plus fort de la mousson, même si cela peut être fait par la culture du riz sur des lits surélevés, comme cela se fait maintenant de plus en plus avec le blé, pour réduire les besoins en irrigation (irrigation en rigoles que par inondation) et augmenter les rendements. Pour de meilleurs résultats du SRI, disons que pour tout résultat du SRI lorsqu’il y a inondation continue sous des conditions de mousson, le sol doit être gardé bien drainé au moins par intermittence.

FERNANDEZ: Comme le Dr Uphoff le souligne, le SRI devrait marcher dans l’ensemble des sites rizicoles (de tropical à subtropical/tempéré). Nous ne devons pas cependant, être trop surpris de constater que le SRI est préférable pour certains climats par rapport à d’autres. Il y a encore beaucoup à apprendre sur les interactions et les synergies impliquées.

Question 2: En ce qui concerne le « problème » de désherbage soulevé dans l’article, nous à ARI, comme beaucoup d’agriculteurs japonais utilisant la matière organique, nous utilisons des canards Aigamo dans nos champs. L’utilisation de l’Aigamo a pratiquement éliminé la nécessité de désherber le paddy, et ils débarrassent le paddy de la plupart des insectes nuisibles. Cependant, nous avons utilisé l’Aigamo conjointement avec des champs inondés typiques. Avez-vous accès à de la documentation sur l’utilisation de l’Aigamo ou d’autres canards incapables de voler comme faisant partie du système du SRI ?

UPHOFF: Je ne connais pas d’expérience ou de documentation. Nous avons constaté, toutefois, que les ravageurs (et les maladies) sont moins nombreux avec le SRI comparativement à d’autres pratiques agricoles, alors peut-être que les canards ne seraient pas aussi bien nourri avec le SRI ? C’est une belle pensée.

FERNANDEZ: Les canards sont courants dans les systèmes de riziculture en Madagascar. Bien que le SRI semble réduire les ravageurs du riz, on ne sait rien de son impact sur les autres insectes bénéfiques et la faune/flore aquatiques qui composent une grande partie du menu « à la carte » du canard ! Un autre point à considérer : la pagaye et le « dibbling » des canards autour de la rhizosphère, aident à aérer la zone racinaire.

[Ed: M. Hoover nous a écrit avec plus d’informations sur les canards Aigamo. Les Aigamos sont un croisement de canards sauvages et domestiques. Il dit que les canards ne touchent pas aux feuilles de riz, mais doivent être retirés des champs, juste avant que les plants de riz ne commencent leur épiaison. Les clôtures ou filets sont maintenus autour des champs pour empêcher les animaux sauvages d’atteindre les canards et de garder les canards à l’intérieur des champs de riz. Les canards reçoivent une petite quantité de riz écrasé dans la matinée pour compléter leur alimentation des mauvaises herbes, des graines de mauvaises herbes et d’insectes. Quinze à trente canards sont utilisés par 1 / 10ème d’un ha, soit 0,25 acres.]

Dave Askin en Papouasie-Nouvelle-Guinée a écrit à Norman Uphoff pour lui poser une question sur le SRI et le foreur de tige :

Question 3: Cher Norman, Salutations. J’ai lu l’article du SRI dans EDN. Très intéressant. Je me demandais s’il était sage de planter des populations de riz très parsemées, dans des zones où les problèmes de foreur de tige sont considérables — et où il n’y a aucun insecticide —. Je me réfère à certains endroits, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où je travaille. Mon souci est que les agriculteurs pourraient se retrouver sans récolte étant donné que chaque talle est détruite. Au moins, avec beaucoup de plantes établies, la mort de certaines plantes n’aura pas grands effets. Vos commentaires m’intéressent.

UPHOFF: Cher David, Votre question illustre également pourquoi nous disons que le SRI est un ensemble de principes qui doivent être testés et adaptés plutôt qu’une technologie à mettre en œuvre mécaniquement. Je suggère d’essayer cela. Les agriculteurs du Bangladesh m’ont dit en Décembre qu’ils avaient moins de problèmes avec le foreur de tige en utilisant les méthodes du SRI en raison de la santé et de la vigueur des plantes. Généralement les agriculteurs rapportent que le riz du SRI est plus robuste et résistant aux parasites et aux maladies. Mais c’est toujours une question empirique. Bonne chance, et merci de nous tenir informés de toute expérience, bonne ou mauvaise.

Peut-il y avoir un consensus sur les avantages du SRI ?

Ryan Haden, un ancien stagiaire de ECHO, a continué à étudier le SRI étant étudiant en doctorat à l’Université Cornell. Nous lui avons demandé de donner une mise à jour sur le SRI depuis la Note de Développement d'ECHO n ° 70 en 2001. Sa réponse a été publiée dans EDN 102 en Janvier 2009. L’article de Ryan est reproduit ci-dessous.

Les prix des denrées alimentaires en hausse

Le riz a été classé en bonne place dans la presse tout dernièrement. Le prix du riz a plus que doublé au cours des dernières années, et les pauvres dans le monde en subissent les effets. Alors qu’une multitude de facteurs ont contribué à cette hausse des prix, le plus important est que la demande de riz augmente plus rapidement que la production. Le monde une fois de plus a besoin de mettre la priorité sur l’augmentation de la production de riz. Malheureusement, cela est plus facile à dire qu’à faire dans notre monde de l’après-révolution verte.

Dans le passé, on accroissait la production soit en allouant plus de terres pour la culture du riz ou en augmentant le rendement à l’hectare ; la première option a un impact immédiat sur la production, mais la terre appropriée qui peut être convertie en nouvelles rizières est de plus en plus difficile à trouver. En conséquence, la plupart des efforts actuels visent à accroître les rendements grâce à des variétés améliorées ou à de meilleures pratiques agronomiques. Malgré ces efforts, les rendements moyens dans les principales régions productrices de riz dans le monde ont commencé à se stabiliser. L’approvisionnement en eau dans plusieurs régions limite une production accrue et cette eau peut être polluée. Des intrants comme les engrais et le carburant deviennent trop coûteux pour la plupart des agriculteurs pauvres, et leur surexploitation par d’autres met une pression supplémentaire sur l’environnement. Face à ces défis, il n’y a qu’une seule option valable. Les producteurs de riz doivent produire « plus avec peu ».

Contexte du SRI

En 2001, EDN 70 a présenté un article intitulé: « Le SRI, Système de Riziculture Intensive: moins peut être plus », qui décrivait une nouvelle approche de la production de riz que ses défenseurs ont affirmé pourrait aider à atteindre cet objectif. Depuis que l’article a été publié, beaucoup de choses ont évolué dans le domaine de la recherche et de la vulgarisation du riz. Au cours des 7 dernières années, mon travail et mes études sur le riz, que je commençai en tant que stagiaire à ECHO, m’ont emmené partout en Asie et m’ont permis de voir de première main les activités qui se déroulent à la fois dans les champs des agriculteurs et dans les stations d’expérimentation. En conséquence, le personnel d’ECHO a pensé qu’il était temps de faire une mise à jour sur le SRI.
Étant donné que les ressources d’ECHO sont largement orientés vers ceux qui travaillent dans le développement rural, je tente ici de me concentrer sur les questions qui touchent directement les petits agriculteurs. Cela dit, j’aborde également de façon brève quelques-unes des questions théoriques qui ont été soulevées.

Les rendements du SRI valent-elles mieux que ce que les agriculteurs obtiennent normalement ?

Dans de nombreux cas, la réponse à cette question a été affirmative. En fait, il existe un consensus croissant au niveau des Etats, des ONG et des chercheurs que le SRI peut augmenter les rendements du riz par rapport aux pratiques agricoles existantes. Une récente étude publiée par des chercheurs de l’Institut international de gestion des ressources en eau a observé que l’adoption des pratiques du SRI par les agriculteurs dans le Bengale occidental en Inde, a amélioré les rendements de 32 % et augmenté les rendements nets de 67 % (Sinha et Talati, 2007). Le Fonds mondial pour la nature, qui a contribué à parrainer la diffusion du SRI en Inde, rapporte avoir constaté des rendements céréaliers augmentant en moyenne de 20 % à 30 % avec les méthodes du SRI. J’ai personnellement été témoin de gains de rendement similaires par de nombreux agriculteurs dans l’ouest de Java en Indonésie (Fig. 4). Il y a aussi des cas où des améliorations avec le SRI ont été encore plus élevées, doublant ou triplant dans certains cas le rendement céréalier par rapport aux pratiques agricoles existantes. Cela se produit généralement lorsque les rendements des agriculteurs sont particulièrement bas au début. Par exemple, la diffusion du SRI au Myanmar via l’approche de Farmer Field School a augmenté les rendements moyens de riz de 2,1 à 6,4 t / ha parmi les 612 agriculteurs étudiés (Kabir et Uphoff, 2007). Ceux-ci ne sont pas des rendements qui battent le record, mais les gains changent certainement les choses pour les agriculteurs et leurs familles.

SRI Tech Note figure 4 Figure 4: Une famille en Indonésie repiquant le riz selon les principes du SRI.

Le principal problème est que les « pratiques agricoles » sont souvent loin des pratiques optimales recommandées par les scientifiques, en particulier dans les domaines de la gestion des sols, de l’eau et des ravageurs. Le riz a toujours été une culture qui répond bien à la gestion intensive. Des pratiques prescrites par le SRI telles que la plantation en rangées droites, le désherbage complet, l’ajout de fumier ou de compost et, dans certaines situations, des jeunes plants et une irrigation intermittente, ont toutes une base agronomique solide. Dans certains endroits, il se peut qu’elles fassent déjà partie des recommandations locales. Il est également vrai que quand un système de soutien est mis en place pour promouvoir les pratiques du SRI, l’amélioration de l’accès à l’information, aux semences et au crédit peut aussi avoir un impact positif sur les rendements, indépendamment des techniques du SRI. C’est là une bonne nouvelle pour les agriculteurs, mais qui a confondu des comparaisons précises dans au moins quelques rapports de certaines ONG. D’une manière générale, l’approche du SRI revient à améliorer la gestion du riz au détriment des pratiques agricoles habituelles. Par conséquent, il n’est donc pas surprenant que le SRI contribue à combler l’écart entre ce qui est normalement récolté dans les champs des agriculteurs et ce qui est possible grâce à une meilleure gestion.

Les rendements du SRI sont-ils meilleurs que ce qui est possible dans le système conventionnel ?

C’est là où les véritables batailles ont été menées entre les partisans du SRI et le système conventionnel recommandé par plusieurs personnes dans la communauté scientifique internationale. Le tableau 3 présente une comparaison des pratiques conventionnelles et celles du SRI.

Certains des premiers documents sur le SRI ont rapporté neuf cas de rendements de riz extrêmement élevés à Madagascar allant de 15 à 23 t / ha, des chiffres qui ont été largement diffusés dans les documents d’ONG ainsi que par EDN. Certains ont salué cela comme une preuve que la « synergie » entre les pratiques du SRI peut avoir débloqué le potentiel de rendement précédemment inexploité dans la plante de riz, permettant essentiellement à la plante de dépasser les limites de rendement imaginables. Cependant, nombreux sont ceux dans la communauté scientifique qui étaient beaucoup plus sceptiques et quelques-uns ont exprimé de sérieux doutes que le SRI puisse être à la hauteur de ces affirmations.

Sur le terrain, des rendements de céréales de 13 à 15 t / ha sont parfois atteints en Australie et en Chine en utilisant des méthodes conventionnelles modernes, ce qui montre que les rendements de l’ordre de 15 t/ha sont déjà possibles dans certains endroits. Des modèles théoriques qui tiennent compte de la façon dont la plante de riz recueille la lumière du soleil et la convertit à la fois en biomasse et en grain suggèrent un maximum de 18,5 t / ha dans les climats tempérés et environ 12,5 t / ha dans les régions tropicales. Ainsi, la plupart des experts estiment que les plus grands rendements déclarés pour le SRI sont très peu probables. Je recommande de la réserve vis-à-vis de ces chiffres à haut rendement pour le SRI, en particulier lorsqu’ils ne sont pas accompagnés de méthodes détaillées. Nous devons également être très prudents dans la façon dont nous les présentons dans nos publications. Les petits exploitants agricoles dans les tropiques ne vont probablement jamais voir des rendements dans cette gamme, donc le fait de citer ces chiffres ne peut que diminuer les améliorations plus modestes mais réels qui peuvent être vus avec l’amélioration de la gestion des cultures, que ce soit par l’intermédiaire du SRI ou des méthodes conventionnelles.

Pratique de gestion Conventionnelle SRI
Préparation du sol Les champs endigués sont damés et nivelés juste avant le repiquage. Les champs endigués sont damés et nivelés juste avant le repiquage.
Les besoins en semences 50-80 kg / ha 5 kg / ha
L’âge des plants au moment du repiquage 15 – 30 jours 8 – 12 jours
Plants par crête 3 – 4 1
Espacement Varie de 10 x 20 cm à 30 x 30 25 x 25 cm ou plus
Etablissement Repiquer les jeunes plants en des motifs carrés ou semer directement en rangées des semences trempées au préalable à l’eau à un taux de 80 kg / ha. Sur un motif carré, repiquer soigneusement un jeune plant de sorte à ne pas endommager le système racinaire.
Gestion de l’eau Maintenir 5-10 cm d’eau stagnante dans le champ du repiquage jusqu’à maturité. Dans les champs ensemencés directement, la terre est maintenue humide mais non inondée pendant 2 semaines après le semis. L’irrigation intermittente est parfois recommandée dans les zones pauvres en eau. Irriguer par intermittence tous les 5-8 jours, afin de maintenir des conditions humides mais non saturées (communément connu sous le nom de mouillage et séchage alternatif ou MSA).
Gestion des éléments nutrutifs Les engrais minéraux appliqués aux doses recommandées par les protocoles de la palette des couleurs * et /ou la gestion des nutriments adaptés au site* (GNAS). L’addition de la matière organique est recommandée si disponible. La préférence pour des intrants organiques comme le compost, le fumier, les feuilles, la paille, ou la cendre. Ajouter des engrais minéraux comme suppléments.
Lutte contre les mauvaises herbes Méthode manuelle ou mécanique 1-2 fois avant la fermeture du couvert, ou appliquer des herbicides. L’inondation continue permet également de lutter contre les mauvaises herbes. Méthode mécanique à l’aide d’une houe rotative 3-4 fois avant la fermeture du couvert.
Tableau 3. Comparaison des pratiques conventionnelles et celles du SRI.

*Pour plus d’informations sur l’utilisation des protocoles de la palette des couleurs et /ou la gestion des nutriments adaptés au site, visitez www.knowledgebank.irri.org

Donc, pour répondre à notre question initiale directement: en ce moment il n’y a pas beaucoup de preuves solides pour étayer l’allégation que le SRI offre un avantage de rendement significatif comparativement à l’approche conventionnelle, en supposant que les pratiques optimales de gestion de l’eau, des nutriments et des ravageurs soient utilisés. Cela dit, la question la plus intéressante que le débat sur le SRI soulève pour moi est la possibilité que des systèmes à faibles intrants comme le SRI aient le potentiel de rivaliser avec la productivité des meilleurs systèmes conventionnels, qui sont souvent très dépendants des engrais et des pesticides coûteux.

Dépendance vis-à-vis des intrants par opposition à l’autonomie

L’un des principaux obstacles à la propagation de la technique et à la réduction de la pauvreté est l’isolement économique qui découle de la pauvreté elle-même. Les gens pris dans ce « piège de la pauvreté » ont été largement ignorés par les innovations agricoles produites au cours des dernières décennies. Cela est particulièrement vrai pour des choses comme les engrais, le carburant et les pesticides, étant donné que ces intrants ont des prix qui sont déterminés par les marchés internationaux volatiles. L’approche typique pour briser ce cycle de la pauvreté a été de subventionner les intrants ou d’améliorer l’accès au crédit afin que les agriculteurs pauvres soient moins isolés des nouvelles technologies bénéfiques. Malheureusement, la capacité des initiatives gouvernementales et des ONG pour rendre ces techniques plus abordables est généralement limitée par le financement.

Compte tenu de ces limitations, une autre approche est de développer et de diffuser des techniques telles que le SRI qui favorisent une plus grande autonomie et une moindre dépendance des intrants externes. Par exemple, lorsque les agriculteurs indonésiens faisaient face à des coûts croissants de l’urée après la crise financière asiatique de 1997, certains sont passés au SRI et à la production locale de compost comme un moyen de réduction des coûts d’engrais. J’ai travaillé en étroite collaboration avec ces agriculteurs, et dix ans après, beaucoup pratiquent encore des versions modifiées du SRI et sont de plus en plus impliqués dans la formation et la sensibilisation d’agriculteur à agriculteur. En outre, lorsque les prix des engrais sont revenus à des niveaux abordables, les agriculteurs n’ont pas cessé de produire et d’utiliser le compost, mais ils incorporaient plutôt les engrais minéraux dans leur régime selon les besoins. (En réalité, il est souvent difficile pour les agriculteurs de fournir suffisamment de N pour maintenir des rendements élevés en utilisant le compost seul.) À mon avis, les programmes qui aident les agriculteurs à avoir accès aux techniques améliorées doivent être élargis, mais l’importance des stratégies qui réduisent la dépendance des engrais et font la promotion d’une plus grande autonomie ne doit pas être négligée.

Mais le SRI ne requiert-il pas plus de main-d’œuvre ?

La question selon laquelle le SRI requerrait plus de main-d’œuvre a été la principale critique soulevée sur le plan pratique et dans certains rapports et a été citée comme la raison principale pour laquelle les agriculteurs abandonnent le SRI une fois qu’ils l’ont essayé. Pour les agriculteurs qui sont en train d’apprendre l’approche, la repiquage soigneux des jeunes plants demandera souvent plus de temps et d’énergie, et cela peut être problématique quand il coïncide avec le goulot d’étranglement du travail qui accompagne souvent la saison de plantation. Cependant, dans la plupart des cas, le travail supplémentaire peut être considérablement réduit avec un peu de pratique, parfois au point où le SRI peut même réduire le travail sur le repiquage en raison de la réduction de la densité de plantation.

Les mauvaises herbes posent un problème de main-d’œuvre plus grand. A cause de la sécheresse des sols, de l’espacement plus large et de plants très jeunes, les agriculteurs doivent généralement désherber les champs de SRI trois à quatre fois par saison, alors que le riz inondé classique nécessite seulement un ou deux désherbages. Pour résoudre ce problème dans des contextes différents, un certain nombre de techniques d’économie de main-d’œuvre ont été intégrées dans l’approche du SRI. Ceux-ci comprennent des sarcleurs à moteur ou manuels (pour des exemples de différentes conceptions vous pouvez visiter: <wassan.org/sri/documents/Weeders_Manual_Book.pdf>), une utilisation judicieuse des herbicides et même la sélection des cultivars qui poussent assez vigoureusement pour rivaliser avec les mauvaises herbes. En fin de compte, tandis que les contraintes du travail peuvent rendre le SRI impraticable dans certaines régions, il y a beaucoup d’autres régions où ce n’est pas le cas.

A ceux qui sont intéressés par la recherche des variétés de riz plus compatibles (par exemple des variétés qui concurrencent mieux les mauvaises herbes, produisent beaucoup de talles ou tolèrent les périodes de sécheresse), je recommande de commencer par contacter les services de vulgarisation agricole dans le pays dans lequel ils travaillent. La plupart des pays de l’Asie et de nombreux pays africains ont des programmes de sélection de riz avec des personnes bien informées que les agents de développement peuvent chercher et contacter directement.

L’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) peut également être contacté pour l’acquisition de très petites quantités de semences qui sont fournis gratuitement à des fins de recherche et de développement. Les bénéficiaires de semences de l’IRRI doivent être prêts à présenter des documents juridiques comme un accord de transfert de matériel, mais ce processus n’est pas trop difficile, alors ne vous laissez pas intimider. Site Web: <http://irri.org/our-work/seeds>.

Une autre source d’information est le Centre du riz pour l’Afrique, également connu sous le nom d’ADRAO <www.warda.org>. Ils pourraient avoir des variétés NERICA (Nouveau Riz pour l’Afrique), qui ont été adaptés spécifiquement pour les contraintes rencontrées en Afrique.

Le SRI est-il mieux pour l’environnement ?

Cette question est en fait assez complexe. Compte tenu des informations disponibles, il est probablement impossible de dire si le SRI ou l’approche conventionnelle est plus durable à long terme. Cela dit, il y a quelques avantages au SRI qui, au regard des préoccupations environnementales actuelles, vont de plus en plus devenir pertinents. À l’heure actuelle, le riz fluvial consomme presque 50 % de toute l’eau douce utilisée en Asie ; c’est donc à juste titre que l’on dit qu’autant le riz fluvial est affecté par la pénurie d’eau, autant il y contribue. Par conséquent, il y a un besoin vital de recourir aux techniques alternatives qui réduisent la consommation d’eau et améliorent la production de céréales par unité d’eau utilisée. L’humidification et le séchage alternatifs, qui peuvent être pratiqués seuls ou en tant que composant du SRI, sont un excellent moyen d’économiser de l’eau au cours d’une saison. D’autres pratiques d’économie d’eau comprennent: le semis direct ou la culture du riz sur des lits surélevés. Étant donné que ce problème environnemental est seulement susceptible de se développer, il en sera aussi de même pour le SRI et d’autres techniques d’économie d’eau.

Les sols anaérobies dans les rizières inondées sont une source majeure de gaz méthane, qui a 20 à 30 fois plus de potentiel de réchauffement climatique que le dioxyde de carbone. Etant donné que le SRI prescrit l’irrigation intermittente, ce qui maintient le sol humide mais pas inondé, les émissions de méthane sont considérablement réduites. Les économies potentielles en méthane sont partiellement compensés par une augmentation de l’oxyde nitreux (un gaz à effet de serre encore plus puissant), mais les premières recherches indiquent que, avec une meilleure synchronisation et une utilisation plus judicieuse des engrais azotés, il pourrait y avoir un avantage net de l’irrigation intermittente sur les émissions totales. Que ces avantages environnementaux puissent ou non être effectivement réalisés par les agriculteurs qui utilisent le SRI n’a pas été suffisamment explorée, mais le potentiel est certes encourageant.

Faire correspondre les pratiques aux environnements

Comme nous avons acquis plus d’expérience avec le SRI, nous avons appris qu’il y a des scénarios environnementaux et économiques où certaines composantes du SRI sont bien adaptés et d’autres où elles peuvent causer des problèmes majeurs (tableau 4). Nous avons déjà discuté des questions liées à la main-d’œuvre qui sont liées aux opérations de repiquage et de désherbage. Un autre exemple est le compromis associé à l’irrigation intermittente. Lorsqu’elle est gérée correctement, l’irrigation intermittente peut certainement économiser de l’eau. Mais c’est aussi une stratégie idéale pour faire face à des sols qui ont des niveaux excessivement élevés en fer, en arsenic ou en sulfures, étant donné que ces toxines sont plus disponibles pour la plante dans des conditions inondées. Malheureusement, l’irrigation intermittente peut tout aussi bien aggraver les problèmes associés à des sols salins ou aux nématodes parasites. Par ailleurs, les cycles de mouillage et de séchage peuvent augmenter le taux d’oxydation de la matière organique et de la décomposition aérobie. Dans le cas des sols tourbeux organiques, cela peut souvent conduire à la dégradation rapide et la perte des sols. Même dans les sols minéraux les mêmes procédés peuvent également conduire à une baisse des niveaux de matière organique, si des amendements organiques suffisants ne sont pas appliqués. Le sol est comme toute autre chose dans la vie, vous ne pouvez pas obtenir ce que vous n’y avez pas mis.

Comme vous pouvez le voir, faire le tri entre les avantages et les inconvénients du SRI par rapport à la production du riz conventionnel n’est pas une tâche facile. Jusqu’ici les deux systèmes ont montré qu’ils peuvent aider les agriculteurs à accroître leur production, mais tous les deux font face à des défis très réels en matière de transfert et de mise en œuvre de la technique. Compte tenu de ces défis, peut-être la meilleure façon dont nous pouvons aider les riziculteurs est de rejeter l’adhésion stricte à l’un ou l’autre système et tenter de faire correspondre les pratiques individuelles aux environnements dans lesquels elles sont les mieux adaptées. Heureusement les agriculteurs ont tendance à adapter les techniques pour répondre à leurs propres besoins de toute façon. Notre travail consiste alors à leur fournir un plus grand panier d’options et peut-être un peu d’indications sur quand et où elles doivent être utilisés.

Pratique du SRI Situations idéales Situations non-idéales
Mouillage et séchage alternatifs
  • régions pauvres en eau
  • sols sujets à la toxicité ferreuse
  • sols sulfatés acides qui provoquent une toxicité du sulfure lorsque inondé
  • sols ayant une forte teneur en arsenic, qui peut avoir des effets néfastes au plan agronomique et sur la chaîne alimentaire
  • sols salins
  • sols affectés par un nématode à galles
  • zones sujettes à des inondations
  • zones avec une mauvaise maîtrise de l’eau
  • sols tourbeux organiques ayant un fort potentiel de perte oxydative de matière organique et d’affaissement
Faible densité de semis
  • l’exigence de semences réduite permet de réduire les coûts sur les semences hybrides chères
  • les variétés de tallage en nombre limité ne peuvent pas compenser l’espacement plus large
Résidus de compost et de cultures
  • les zones où les engrais minéraux ont des coûts prohibitifs ou lorsque le fumier, les résidus de récolte, et la biomasse sont abondantes
  • plus difficile à mettre en œuvre dans des situations culturelles où les résidus de fumier et des cultures sont utilisées intensivement comme combustible ou comme fourrage
Désherbage intensif
  • l’aération complémentaire causée par le mélange du sol peut aider à réduire le risque de toxicité du fer ou du sulfure sur certains sols
  • impraticable dans les zones où il y a une pénurie de main-d’œuvre
Tableau 4. Faire correspondre les pratiques à des environnements naturels et économiques.

Références

Dobermann, A., 2003. A critical assessment of the system of rice intensification (SRI) (Une évaluation critique du système de riziculture intensive [SRI]). Agric. Syst. 79:261-281.

Kabir, H., and Uphoff, N. 2007. Results of disseminating the system of rice intensification with farmer field school methods in northern Myanmar (Les résultats de la diffusion du système de riziculture intensive avec des méthodes d’école d’agriculture de terrain dans le nord du Myanmar). Expl. Agric. 43:463–476. Cambridge University Press

Sinha, S.K., and Talati, J. 2007. Productivity impacts of the system of rice intensification (SRI): A case study in West Bengal, India (Impacts de la productivité du système de riziculture intensive [SRI]: Etude de cas dans le Bengale occidental, en Inde). Ind. Agric. Water Manag. pp. 55-60.

Stoop, W.A., Uphoff, N., and Kassam A. 2002. A review of agricultural research issues raised by the system of rice intensification (SRI) from Madagascar: opportunities for improving farming systems for resource-poor farmers (Un examen des questions de recherche agricole soulevées par le système de riziculture intensive (SRI) du Madagascar: possibilités d’améliorer les systèmes agricoles pour les agriculteurs pauvres en ressources). Agric. Syst. 71:249–274.

Ryan a ajouté: Pour ceux qui sont prêts à bosser la littérature scientifique, je recommande de lire Stoop et al. (2002) et Doberman (2003). Ces auteurs traitent de long en large ce que je ne pouvais aborder que brièvement dans cet article.

Exemples d’innovations locales développées pour rendre le SRI plus facile à utiliser

SRI Tech Note figure 5 Figure 5: Préparation du champ (en haut) et repiquage en flèche (en bas). Photos prises de Natural Agriculture Journal, Mars 2014.

Cette section et la suivante ont été extraites d’articles écrits par notre Centre régional d’impact de ECHO en Asie.

Comme indiqué précédemment, le SRI a une courbe d’apprentissage; les agriculteurs ont besoin de temps pour apprendre à préparer le champ, planter, désherber et s’occuper du riz selon les principes du SRI. Quand ils ont intégré les principes du SRI, certains d’agriculteurs se sont adaptés aux outils ou ont trouvé des moyens plus faciles pour effectuer des tâches spécifiques. Toutes ces innovations ne seront possibles ni utiles à tous les agriculteurs, mais elles montrent de bons exemples d’agriculteurs qui prennent les ressources disponibles, et les adaptent pour une utilisation dans leurs champs de SRI, rendant leurs tâches plus faciles dans le processus.

A Nakorn Sawan, région centrale de la Thaïlande, Wanpen pratique le SRI depuis plusieurs années, ainsi que sa fille Pijarinee. Wanpen au départ préparait leurs champs pour le repiquage en utilisant une corde et des nœuds pour montrer là où le riz doit être repiqué, puis elle plantait des plants individuels à la main. Au fil du temps, elle a commencé à développer un système pour accélérer son travail. Elle a conçu un « rouleau marqueur de plantation » avec une barre d’acier, construit pour être légère de sorte à ce qu’il ne soit pas difficile de le tirer à travers le champ (Fig. 5a). L’outil marque le champ avec une grille si bien que le riz peut être repiqué sur des lignes droites, ce qui rend plus facile le désherbage entre les lignes avec un autre outil plus tard au cours de la saison.

Wanpen a également commencé à semer du riz dans des germoirs afin de les utiliser dans une « méthode de repiquage en flèche ». Pour les transplants du SRI, elle et sa fille ensemencent le riz dans des germoirs en plastique avec 434 trous, les remplissent à moitié plein avec la terre de la forêt et les repiquent après 12 jours. Dans la méthode de repiquage en fléchettes, les transplants sont jetés dans le champ, en visant les marques faites par l’intersection des lignes qui sont laissées par le rouleau marqueur de plantation (Fig. 5b). Cela réduit le temps que l’on peut passer au repiquage, et préserve les agriculteurs du travail éreintant qui consiste à se courber et à planter chaque station à la main.

L’inondation qui est typique de la production traditionnelle de riz de plaine contribue à faire baisser la pression des mauvaises herbes. La production du SRI, en revanche, alterne entre les périodes humides et sèches; cela a d’énormes avantages pour les plants de riz, mais permet également aux mauvaises herbes de se développer, ce qui rend la suppression des mauvaises herbes un travail tout à fait intensif. Chundawat Panna-Ngam est un “ agriculteur de week-end» en Thaïlande. Il a adapté deux outils qu’il utilise régulièrement pour aider à désherber ses champs. Le premier est un outil servant à couper les mauvaises herbes, sur la base d’un dispositif de coupe d’herbe disponible partout. Phana-Ngam a recouvert la lame modifiée de sa sarcleuse avec un bouclier courbé, pour protéger le riz tout en sarclant entre les rangs (Fig. 6a). Le second outil est une houe rotative (Fig. 6b). On trouve généralement des modèles de houe rotative dans les zones rizicoles, mais ils sont souvent coûteux ou non fabriqués selon les spécifications des champs individuels. Phana- Ngam a conçu la sienne pour l’adapter entre ses lignes et recouvrir les mauvaises herbes dans le sol, aérant du même coup le sol.

SRI Tech Note figure 6 Figure 6: L’outil servant à couper les mauvaises herbes grass cutter (gauche) and la houe rotative (droite) du Phana-Ngam. Photos prises de Natural Agriculture Journal, Mars 2014.

Il a fallu tout un processus à Pha-Ngam et Wanpen pour concevoir ces outils à leur goût. Ils ont modifié leurs premiers modèles à plusieurs reprises. Ils ont demandé à d’autres agriculteurs de tester les outils et de donner leurs avis sur comment les améliorer. La conception des outils n’implique pas simplement leur construction, mais comprend également un cycle d’essayage des prototypes, la modification du modèle, et la reconstruction. Il faut beaucoup de temps et d’efforts. Mais lorsque le produit final permet à un agriculteur de travailler plus efficacement, l’effort vaut bien le temps mis.

ous pouvez consulter plus de détails au sujet de ces agriculteurs et des modèles de leurs outils dans les Notes de ECHO pour l’Asie, Numéro 21.

Le SRI peut-il changer les choses à l’échelle nationale ? Étude de cas au Cambodge

En 2009, Rick Burnette, Directeur Agricole de ECHO / Responsable de la formation Agricole et ancien Directeur du Centre régional d’impact de ECHO en Thaïlande, a écrit un article sur l’adaptation généralisée du SRI par des agriculteurs cambodgiens. Burnette a interviewé Yim Soksophors, agent de programme au CEDAC (Centre d’Etude et de Développement Agricole Cambodgien). Au moment de la rédaction de l’article, « il y avait 104,750 ménages dans 4.200 villages sur 58.290 ha (2,7% de la superficie totale de riz du pays) utilisant les méthodes du SRI » (Burnette, 2009).

Soksophors a partagé plusieurs raisons pouvant expliquer le succès du SRI au Cambodge. Dans un premier temps, la recherche-action participative a été utilisée pour recueillir des données et s’assurer que le SRI était un système qui pouvait être adapté aux conditions locales. Le SRI a été introduit en 1999, mais en 2005, d’autres organisations (gouvernementales et non gouvernementales) ont contribué à étendre sa connaissance dans les zones rurales. La vulgarisation entre agriculteurs a été utilisée comme approche, avec des journées de formation où les agriculteurs ont été invités dans le champ d’un collègue agriculteur pour participer au repiquage, à la récolte ou à d’autres moments importants au cours de la saison de croissance du riz. Des visites à la ferme ont été effectuées tout au long de la saison de croissance, ce qui donne la possibilité aux agriculteurs de voir la différence entre les champs de SRI et les champs traditionnels. Les agriculteurs qui pratiquent le SRI ont également appris à recueillir des données à partir de leur riz. Certains agriculteurs ont été invités à participer à des journées de formation où ils pouvaient partager leurs propres expériences, les réussites et les difficultés. Les méthodes du SRI ont été enseignées en adaptant quelques-unes des pratiques pour convenir à des agriculteurs individuels ou à des localités (plutôt que comme une proposition « tout ou rien »).

Depuis l’interview de Burnette avec Soksophors, le SRI a continué d’être promu et adopté partout au Cambodge. Selon le site de CIIFAD / Cornell (2014), « au cours de la 4e Conférence nationale des agriculteurs (4 avril 2013), Chan Sarun, ministre de l’Agriculture, des Forêts et de la pêche a déclaré que la productivité nationale du paddy est passée de 2,74 t / ha en 2008 à 3,13 t / ha en 2012, avec une bonne partie de cette augmentation attribuable à une plus large utilisation des méthodes du SRI. Le Ministère rapporte qu’au moins 101,719 hectares sont sous la gestion des cultures du SRI, ce qui signifie 150.000 à 200.000 ménages. » Il y a des questions sur le nombre de pratiques de SRI qu’un agriculteur doit adopter pour être qualifié comme un pratiquant du SRI. Cependant, le rendement du riz au plan national a considérablement augmenté, en particulier pour un pays dont l’aliment de base est le riz, un pays dans lequel la plupart des familles cultivent une certaine quantité de riz pour leur ménage.

L’exemple du Cambodge ne signifie pas que le SRI réussirait ou pourrait réussir partout ailleurs, parce que chaque pays est différent. Par exemple, au Népal, malgré une large adoption du SRI, les gens ont généralement développé plus d’intérêt dans les légumes à haute valeur ajoutée, les arbres fruitiers et les cultures de rente, tandis que le riz est devenu une priorité moins importante dans les exploitations agricoles individuelles (Uprety, 2014). Dans votre région, faites attention au contexte et à des facteurs déjà en place qui pourraient permettre au SRI de bien réussir dans une région ou qui pourraient entraver sa capacité à faire la différence.

Pour en savoir plus :

Burnette, R. 2009. Lessons Learned from the Spread of SRI in Cambodia (Leçons tirées de la propagation du SRI au Cambodge). ECHO Asia Notes 2.

SRI International Network and Resources Center (SRI-Rice) (Centre International des Réseaux et Ressources du SRI [SRI-Rice]). 2014. Cambodge. Extrait le 2 Février 2015, de http://sri.ciifad.cornell.edu/countries/cambodia/index.html.

Uprety, R. 2014. Learning from Farmers (Apprendre des agriculteurs). ECHO Asia Notes 21, 14-15.

Au-delà du SRI: Le Système de culture intensive

Les pratiques de gestion utilisées avec le SRI ont maintenant été essayées avec de nombreuses autres cultures. Nous présentons ici une mise à jour sur les cultures qui ont démontré une augmentation des rendements en utilisant des pratiques de gestion similaires.

Le Système de culture intensive (SCI) est le terme utilisé pour décrire les principes de SRI lorsqu’ils sont appliqués à d’autres cultures (tableau 5). En Inde, le terme système de culture intensive des racines (un autre système de culture intensive) est parfois utilisé. Ces principes sont les suivants :

Établissement rapide de plantes saines, en prenant soin de protéger le potentiel de croissance des racines des semis.

Un espace suffisant entre les cultures, en fonction des densités de plantation, pour permettre la capture optimale d’éléments nutritifs et de la lumière du soleil dans le sol.
Enrichissement du sol en matière organique, qui libère lentement les éléments nutritifs aux plantes cultivées et fournit des conditions aérées propices à la croissance des racines et à la vie microbienne du sol.

Gestion maîtrisée de l’eau pour éviter des conditions anaérobies dans le sol, un principe particulièrement pertinent pour la production de cultures irriguées.

Ces principes sont à la base des pratiques de SRI mentionnées ci-dessus, qui peuvent être adaptés à d’autres cultures, conditions locales et ressources disponibles.

Pourquoi ces principes et pratiques de gestion des cultures réussissent-ils ? Il semble que la mise en place de conditions environnementales appropriées aide les plantes à atteindre leur potentiel génétique. Le génotype d’un organisme est l’information génétique réelle de cette espèce particulière et de la variété de la plante. Avec l’amélioration des plantes, des modifications sont apportées au génotype, de sorte que les plantes résultantes auront des caractéristiques souhaitables (tels que le rendement accru). La sélection des plantes est importante, mais est un processus lent et souvent coûteux. Et si les plantes sont cultivées dans des conditions non optimales, elles ne vont pas atteindre leur potentiel de croissance et leur plein rendement.

De nombreux agriculteurs et scientifiques ont été surpris de l’ampleur à laquelle une combinaison de pratiques de gestion améliorées peut modifier la croissance et le développement d’une plante, quelle que soit la variété qui est utilisée. Ceci est une idée extrêmement importante et encourageante, qui semble rester vrai pour de nombreuses cultures, en plus du riz !

Le tableau 5 dans cet article donne des exemples de cultures actuellement cultivées en utilisant le SCI, en condensant des informations à partir d’un rapport de Norman Uphoff appelé “Raising Smallholder Food Crop Yields with Climate-Smart Agroecological Practices [Augmenter les rendements des cultures vivrières des petits producteurs avec des pratiques agro-écologiques climatiquement correctes].” (Le rapport est disponible en ligne à l’adresse http://sri.ciifad.cornell.edu/aboutsri/othercrops/Other_Crops_Brochure_Uphoff101012.pdf)

Les comparaisons figurant dans le tableau ne résultent pas d’une seule expérience scientifique soigneusement contrôlée. Malgré cela, les cas importants et multiples de l’augmentation des rendements illustrent l’effet puissant que les pratiques de gestion peuvent avoir sur les niveaux de production. La colonne à l’extrême droite du tableau comprend des liens vers des manuels (ou dans certains cas, des présentations) avec des informations plus détaillées, au besoin. Une brochure plus générale d’une ONG en Ethiopie, Institut pour le développement durable (DSI), peut être consultée ici : http://www.agriculturesnetwork.org/magazines/global/sri/sci-planting-with-space.

    Rendements (t / ha)   Guide/Manuel de plantation disponible ?
Culture Localité Pratiques locales SCI Remarques
Blé (Triticum spp.); Système de culture intensive du blé ou SCIB. Etat de Bihar en Inde 1,6 3,6-4,6 L’adoption généralisée du SCIB par des dizaines de milliers en Inde ! Les semences sont pré-germées avant le semis. Effet net sur le revenu: de 6.984 roupies à 17.581 roupies Oui
Nord de l’Ethiopie 1,8 4,7-10
Région de Tombouctou au Mali 2,25 4,26-5,4 L’espacement de 15 cm x 15 cm a donné le plus grand effet sur le rendement au Mali.
Ouest du Népal 3,74 6,5 Ces rendements ont été obtenus en utilisant une variété moderne.
Moutarde (Brassica spp.); Système de culture intensive de la moutarde ou SCIM. Etat de Bihar en Inde 1 3-4,92 Les coûts de production ont été réduits de moitié, passant de 50 roupies par kg de céréales à 25 roupies. Oui
Canne à sucre (Saccarum officinarum) Hyderabad en Inde WWF et ICRISAT ont lancé «l’Initiative durable de la canne à sucre» (IDCS). En utilisant une nouvelle méthode de propagation, le bourgeon d’une plante de canne à sucre est coupé de la tige et planté dans la peau blanche d’une noix de coco emballée dans des germoirs en plastique. Oui
Mil rouge (Eleusine coracana) Etat de Karnataka en Inde 1,25-2  4,5-5  Le système est appelé Guli Vidhana (plantation en carré). Deux outils sont utilisés, un pour stimuler le tallage et la croissance des racines et un autre pour morceler la couche arable. Espacement 45 cm x 45 cm; 2 / crête Oui
Etat de Jharkhand en Inde .,75-1 3-4 Les coûts de production réduits de 60%, passant de 34,00 roupies à 13,50 roupies. Oui
Etat de Bihar en Inde        
Maïs (Zea mays) Nord de l’Inde 2 3,5 Espacement de 30 cm x 30 cm (30 x 50 pour certains); semis direct avec 1 à 2 graines / crête. Trois désherbages pour l’aération du sol. Plus d’expérimentation nécessaire ! Oui
Curcuma (Curcuma longa) Etat du Tamil Nadu en Inde     Espacement de 30 cm x 40 cm. Le bénéfice net a doublé, en raison d’un accroissement du rendement de 25 % plus et des coûts de production beaucoup plus faibles. Une variété de procédés de fertilisation organiques est utilisée. Oui
Tef (Eragrostis tef); Système de culture intensive du tef (SCIT) Ethiopie 3-5 Les semences sont traditionnellement semées à la volée. Les graines du tef sont très petites (2500 pèsent seulement 1 gramme), mais il vaut la peine d’être cultivé et repiqué! L’espacement est de 20 cm x 20 cm. Les rendements pourraient être presque doublés à nouveau avec de petites modifications de micronutriments, y compris le zinc, le cuivre, le manganèse et le magnésium. Oui
Pois d’Angole / gram rouge (Cajanus cajan) Etat de Karnataka en Inde   ,35 ,6 La plantation de jeunes plants de 30 à 35 jours d’âge espacés de 75 cm x 105 cm. Oui
Haricot mungo / gram vert (Vigna radiata) Patna en Inde ,625 1,875
Lentilles / gram noir (Vigna mungo) Etat de l’Uttarakhand en Inde.  ,850 1,4 1-2 graines sont semées par crête, avec un espacement de 20 x 30 cm, 25 x 30 cm ou 30x30 cm (15 x 30 ou 20 x 45 pour les pois). Deux ou plusieurs désherbages sont effectués, de préférence avec l’aération du sol. Les agriculteurs utilisent un mélange d’engrais organiques traditionnels. La stratégie de production est « intensive ».  
Soja (Glycine max) Etat de l’Uttarakhand en Inde. 2,2 3,3
Haricot rouge (Phaseolus vulgaris) Etat de l’Uttarakhand en Inde. 1,8 3,0
Pois (Pisum sativum) Etat de l’Uttarakhand en Inde. 2,13 3,02
Légumes
   Piment rouge Etat du Bihar en Inde 1,5-2,0 4,5-5,0 « Des agricultrices du Bihar ont expérimenté la plantation de jeunes plants sur une grande envergure et avec soin, en les plaçant dans des fosses peu profondes qu’elles ont creusées, dont le fond est rempli avec des amendements de sols meuble et organique tels que le lombricompost. L’eau est utilisée de façon très précise et soigneuse. Bien que ce système requiert une grande main-d’œuvre, il augmente grandement les rendements et bénéficie particulièrement aux ménages les plus pauvres » Oui
   Tomates Etat du Bihar en Inde 3,0-4,0 12,0-14,0
   Aubergine (Brinjal) Etat du Bihar en Inde 5,0-6,0 10,0-12,0
Tableau 5: Résumé des cultures qui ont été cultivées en utilisant des principes du système de culture intensive. Extrait d’un rapport de Norman Uphoff.

Le SRI a surpris les agriculteurs et les scientifiques. Il semblait paradoxal qu’avec moins d’intrants (semences, eau, etc.) on puisse obtenir des rendements considérablement plus élevés. Maintenant, nous sommes peut-être surpris de constater que le phénomène va au-delà du riz. Une gestion soigneuse et contrôlée peut avoir un impact considérable sur le développement et la croissance de nombreuses cultures différentes, entraînant au bout du compte des rendements beaucoup plus élevés. C’est là une bonne nouvelle pour tous, mais peut-être surtout pour les agriculteurs pauvres en ressources.

Pour plus d’informations

Norman Uphoff, Directeur. Institut international Cornell pour l’alimentation, l’agriculture et le développement (CIIFAD) ; Box 14 Kennedy Hall, Cornell University, Ithaca NY 14853 USA (Tel: 01-607-255-0831; Fax: 01-607-225-1005; e-mail: NTU1@cornell.edu). Le site SRI-Riz (http://sri.ciifad.cornell.edu/) contient une gamme de renseignements sur le SRI.

Sebastien Rafaralahy, Président, et Justin Rabenandrasana, Secrétaire. Association Tefy Saina; B.P. 1221, Antananarivo, Madagascar. (Tel : 01-261-222-0301; e-mail : tefysaina@simicro.mg). Si vous pouvez communiquer en français, sentez-vous libre de le faire; Tefy Saina peut lire et écrire assez bien en anglais, mais la communication est plus facile en français.


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